5. DOMPTER LE SINGE FOU

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Martine nous a écrit :

 

« Je pense que je ne suis pas douée pour la méditation. J’ai essayé plusieurs fois de compter les respirations et je n’y arrive pas. Je commence à compter et je ne réussis jamais à dépasser trois respirations. Souvent même, la première respiration est coupée par une distraction : j’inspire consciemment, puis j’ai une distraction et je ne suis même pas consciente de l’expiration. Cela peut prendre même plusieurs minutes avant que je réalise que j’étais ailleurs… Et je suis obligée de recommencer. Je sens que je n’y arriverai jamais… »

 

C’est très bien. Vous avez compris l’exercice. C’est exactement ce qu’il faut faire. Le but n’est pas de se rendre à dix ou à vingt… ou à cent, mais d’occuper son esprit. De cesser de le suivre aveuglément partout. Nous avions utilisé au début la posture. Maintenant c’est avec la respiration que nous faisons travailler l’esprit. Cela pour varier les supports d’attention, pour donner de nouveaux jouets à notre mental, afin de remplacer ses joujous habituels. S’il est distrait après une ou deux respirations, ce n’est pas grave. C’est même tout à fait normal. Quand on a pris conscience qu’on était parti, on recommence, c’est tout. On n’a rien d’autre à faire. Pour le moment, méditer c’est cela. On est assis là pour ENTRAÎNER LE MENTAL. Rien d’autre.

 

Si nous sommes déçus ou découragés, c’est à cause de l’idée erronée que nous nous faisons de la méditation qui doit être paisible, sereine et sans pensée ou nous procurer des expériences transcendantes ! N’essayez pas de ne pas penser. Ramenez simplement, patiemment l’esprit sur l’objet de concentration lorsque vous prenez conscience que vous étiez distraite.

 

Dites-vous que votre esprit n’est pas habitué à faire cela. Pendant toute votre vie vous l’avez laissé errer partout à sa guise. C’est comme un chien non dressé ou un animal sauvage qu’on n’a pas encore dompté. Tout à coup vous lui demandez de vous obéir au doigt et à l’œil. Il y a de fortes chances qu’il continue de faire ce qu’il a toujours fait, n’est-ce pas ? Mais avec du temps et de la patience, vous arriverez à lui faire faire ce que vous voulez. Il en va de même pour l’esprit : nous devons l’entraîner progressivement à nous obéir plutôt que de le laisser courir après ses objets d’intérêt habituels, sensations, plaisirs, désirs, soucis, projets, etc.

 

Il n’est pas habitué à se faire commander, car d’habitude c’est lui qui commande et nous amène là où il veut. Mais à présent vous tentez de l’habituer à faire ce que VOUS voulez ! C’est toute une révolution pour lui. Ne vous imaginez pas que vous allez renverser en un clin d’œil toute une vie d’habitudes. Dites-vous bien qu’il n’y a pas de recette magique. Dans notre monde de vitesse, on serait tenté d’écouter ceux qui veulent nous vendre leur méthode pour entrer instantanément en méditation profonde. Ce sont des gens d’affaires ou des imposteurs qui ne connaissent rien à la méditation. Pour dompter l’esprit, il faut travailler avec l’esprit. Il n’y a pas d’autre moyen. C’est un travail de longue haleine, ce n’est pas vraiment difficile, mais cela requiert discipline, patience et persévérance.

 

On compare le mental, avons-nous dit, à un singe fou ; ce singe vit dans une maison à cinq fenêtres, qui correspondent aux cinq sens, et il saute sans arrêt d’une fenêtre à l’autre, c’est-à-dire qu’il est constamment happé par les multiples perceptions visuelles, auditives, gustatives, olfactives et tactiles qui attirent à tout moment notre attention et suscitent de façon mécanique toutes sortes d’émotions et associations d’idées. Quand on s’assoit pour méditer, nous limitons les sensations extérieures, mais le mental n’arrête pas de courir pour autant, de bondir d’une pensée à une autre. C’est là le propre d’un mental non entraîné. Il n’arrête jamais de fonctionner, jour et nuit. Jamais. Ce qui remonte à l’esprit, quand nous essayons de méditer, ce sont les préoccupations du moment, les projets ou les souvenirs d’événements récents, rencontres, conversations, activités, etc. C’est une sorte de feed-back continu, un enchaînement sans fin, assez répétitif et plutôt désordonné. Cependant, à ce moment-là il est quand même plus facile à maîtriser, car il y a moins de distractions extérieures.

 

De sorte que si l’on veut développer l’attention et la pleine conscience, on doit nécessairement recourir à la méditation. Ce n’est déjà pas si évident dans le cadre d’une méditation, alors imaginez la difficulté au milieu des turbulences de la vie. Ceux qui prétendent le faire sans avoir appris à maîtriser leur mental dans la pratique méditative se dupent eux-mêmes, s’illusionnent : ils prennent pour de l’auto-observation les quelques flashs de conscience qu’ils peuvent avoir, comme tout le monde, au cours d’une journée.

 

Ainsi donc, si après vingt minutes ou une demi-heure vous n’avez pas réussi à compter dix respirations conscientes de suite, cela n’a pas d’importance, du moment que vous faites l’effort de ramener l’attention chaque fois que vous vous rendez compte que vous étiez distraite, même si c’est après plusieurs minutes. Avec un peu d’entraînement, les intervalles d’inattention seront de plus en plus brefs et moins fréquents. Si vous réussissez à ramener chaque fois votre attention, vous aurez fait une « bonne méditation », même si ce n’est pas le type de méditation que vous auriez souhaité ou qui correspond aux clichés en vogue. Si la méditation ou ces quelques remarques suscitent de la résistance en vous, c’est très bien : cela montre qu’il se passe quelque chose, qu’il y a un travail qui se fait, que l’entraînement suit son cours.

 

Voilà donc, précisément, le travail que nous avons à faire sur notre propre esprit. Nous avons là la matière que nous devons apprendre à modeler, à sculpter. Il est normal au début de ne pas atteindre la perfection des sculptures d’un Michel-Ange…

 

À notre niveau la méditation n’est pas quelque chose de reposant, car nous devons sans cesse occuper le mental, sinon il va continuer de s’agiter… comme il l’a toujours fait. Pourquoi arrêterait-il ? Parce que nous le voulons ? Cela ne suffit pas. Il faut l’entraîner, le dresser.

 

PRATIQUE

 

Assis le dos droit, se détendre et porter son attention sur les sept points de la posture. Si l’esprit est très distrait et agité, utiliser la méthode exposée dans le deuxième message : parcourez vivement les sept points, sans laisser le temps aux pensées de surgir. Puis refaites le cycle plus lentement, puis encore et encore, en vous attardant chaque fois un peu plus longuement sur chaque point, jusqu’à ce que le mental se soit un peu calmé. On reviendra alors à l’observation de la respiration. C’est par la répétition patiente d’un exercice qu’on dresse un animal. C’est également par la répétition qu’on entraîne l’esprit. Même si cela peut sembler lassant. Les alchimistes appellent ce genre de travail répétitif le « feu de roue ».

 

Continuez d’être attentif aux respirations. Respirez normalement, naturellement, en comptant jusqu’à dix. Après une courte pause, comptez consciemment les respirations jusqu’à vingt. Puis jusqu’à trente ou cinquante, sans perdre le contact avec le souffle, auquel cas vous recommencerez à un.

 

On effectuera ensuite un exercice de respiration simple pour purifier les canaux subtils, de chaque côté de la colonne vertébrale, en vue des exercices de transmutation énergétique. Dans ces canaux circulent différents types d’énergie liés aux éléments, aux perceptions et aux états de conscience. Mais ces énergies sont plus ou moins bloquées et polluées par les toxines de nos émotions négatives. Nous pouvons commencer à défaire ces nœuds et purifier les canaux subtils de notre corps par l’exercice suivant :

 

Assis confortablement, le dos droit, on place les deux mains à plat sur les genoux.

1. On bouche la narine gauche avec l’index ou l’annulaire de la main droite et l’on inspire lentement et profondément par la narine droite, on retient l’air un instant, puis on expire lentement l’air vicié par la même narine, en gardant la narine gauche bouchée. Et l’on replace la main droite sur les genoux.

2. On bouche la narine droite avec l’index ou l’annulaire de la main gauche, on inspire alors par la narine gauche, on marque une brève pause, puis on expire lentement l’air vicié par la même narine, en gardant la narine droite bouchée.

3. Enfin, en gardant les deux mains sur les genoux, on inspire et expire profondément par les deux narines, en retenant l’air un instant après avoir inspiré.

Et l’on recommence le cycle. À chaque expiration, on imagine les toxines qui sortent de notre corps sous la forme d’un nuage noir qui se dissout dans l’espace infini. Et pendant l’inspiration on visualise une énergie lumineuse qui émane d’un grand soleil devant nous et qui nous purifie et nous imprègne de force, de vitalité et d’amour pour tous les êtres. Faites cet exercice pendant dix minutes, puis reposez un instant dans le calme et la paix de votre esprit, sans objet de concentration particulier. Vous êtes là, présent, sans effort ni tension, ici et maintenant.

 

Comme vous ne pouvez pas rester présent bien longtemps, vous reviendrez au décompte de la respiration : comptez les respirations jusqu’à dix, puis restez de nouveau dans cet état de conscience pure, sans objet, et après quelques secondes dans cet état de présence consciente, revenez à la respiration, et ainsi de suite, en alternant. C’est un exercice très puissant pour calmer l’esprit, ou du moins pour se détacher des pensées et du moi, tout en restant bien « groundé », grâce à la respiration.

 

André Beaudoin, éditeur

Éditions Ganesha

ganesha@videotron.ca

 

Au sujet de l’auto-observation, voir Samaël Aun Weor, La Psychologie révolutionnaire, éditions Ganesha : www.editions-ganesha.qc.ca/psychologie.html

 

 

 

Si vous souhaitez apprendre à savoir comment méditer, en technique de méditation, et en savoir plus sur la méditation :

http://www.don-et-compassion.com/meditation.html

http://www.don-et-compassion.com/cours-de-meditation-atelier-de-meditation-pratique.html

01fév

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